Joe Rogan, commentateur expérimenté, ancien humoriste et désormais propriétaire de clubs de comédie, a récemment exprimé des opinions tranchées concernant la rémunération des combattants de l’UFC. Il estime que la répartition des revenus de la promotion est intrinsèquement imparfaite, car l’entreprise ne prospère que grâce aux fans qui paient pour voir des athlètes risquer leur santé. Rogan soutient que le modèle de compensation devrait refléter cette réalité fondamentale.
L’argument du club de comédie de Joe Rogan pour la rémunération des combattants de l’UFC
Lors de l’émission JRE MMA Show #176, diffusée le 16 mars 2026, Rogan a abordé la question de la rémunération des combattants avec l’ancien poids léger de l’UFC, Dustin Poirier. Pour illustrer sa position de longue date, il a utilisé une analogie tirée de la gestion de ses propres clubs de comédie. Rogan a expliqué que dans ses établissements, les humoristes perçoivent 80 % des revenus, car ils sont l’attraction principale. Le club, quant à lui, génère des profits substantiels grâce aux boissons et aux 20 % restants des ventes de billets. Il a établi un parallèle direct avec le MMA, affirmant que les fans paient pour voir les combattants se produire, et non pas simplement pour assister à un événement.
Joe Rogan explique pourquoi les combattants de l’UFC méritent une part plus importante du gâteau
Ces déclarations font suite aux vives critiques formulées récemment par Ronda Rousey lors d’une conférence de presse annonçant son combat de retour. Rousey a fermement condamné la structure de rémunération de l’UFC, d’autant plus à la lumière de son nouvel accord de diffusion de sept ans et 7,7 milliards de dollars avec Paramount+ et CBS. Elle a déclaré que l’UFC, autrefois un lieu équitable pour les athlètes de sports de combat, est devenue l’une des pires plateformes, avec de nombreux combattants vivant au seuil de la pauvreté malgré leur engagement à plein temps. Rousey a souligné que cet accord colossal n’apportait aucun avantage financier direct aux combattants. Rogan a reconnu la pertinence des remarques de Rousey, les qualifiant de « bons points » et insistant sur leur importance pour mettre la question en lumière et faire pression sur l’UFC.
Le débat sur la rémunération des combattants n’est pas nouveau et a fait l’objet d’un examen judiciaire. Un procès antitrust, Le c. Zuffa, a révélé que les combattants de l’UFC ne recevaient qu’entre 18,6 % et 20,5 % des revenus de l’entreprise entre 2011 et 2013. Ce pourcentage est considérablement inférieur aux 48-50 % de revenus habituellement versés aux athlètes dans les ligues sportives majeures d’Amérique du Nord. L’affaire s’est réglée en août 2025 pour 375 millions de dollars, couvrant plus de 1 000 combattants ayant concouru entre 2010 et 2017.
En outre, les contrats d’entrée de gamme de l’UFC restent modestes, oscillant généralement entre 12 000 et 25 000 dollars par combat, avec un bonus de victoire équivalent, un chiffre qui est resté inchangé depuis plus d’une décennie. Georges St-Pierre a également exprimé son inquiétude concernant le nouvel accord avec Paramount, craignant que le passage d’un modèle de paiement à la carte (PPV) à une structure de diffusion par abonnement n’élimine les points PPV, une source cruciale de revenus supplémentaires pour les combattants de haut niveau.
Bien que le président de l’UFC, Dana White, affirme que la rémunération des combattants augmentera grâce à une visibilité accrue via le nouveau modèle d’abonnement, la question demeure de savoir si la structure financière de l’UFC évoluera pour refléter une répartition des revenus plus équitable, similaire au modèle de club de comédie de Rogan ou aux références des autres sports majeurs. L’exemple de Rogan offre un cas concret et réel d’une entreprise qui a choisi de privilégier la rémunération des artistes tout en maintenant sa rentabilité.

