Selon un ancien champion de l’UFC, la clé d’une nouvelle surprise de Sean Strickland à l’UFC 328 face à Khamzat Chimaev ne réside pas dans des techniques spécifiques comme les projections ou les jabs, mais dans la capacité à exploiter une faille psychologique chez Chimaev le soir du combat. Cet expert estime que Strickland pourrait entraîner le roi invaincu des poids moyens dans une bagarre émotionnelle, le forçant à commettre des erreurs précoces et transformant ainsi une tâche stylistique intimidante en un combat pour le titre gagnable.
Khamzat Chimaev contre Sean Strickland : Un choc pour le titre
Khamzat Chimaev s’apprête à défendre son titre incontesté de champion des poids moyens de l’UFC contre l’ancien détenteur de la ceinture, Sean Strickland, lors de l’événement principal de l’UFC 328. Ce choc très attendu aura lieu le 9 mai au Prudential Center de Newark, dans le New Jersey. Il s’agira de la première défense de Chimaev depuis qu’il a ravi la ceinture à Dricus Du Plessis lors de l’UFC 319, un combat où il avait dominé grâce à une lutte sous pression et un contrôle au sol supérieur pendant cinq rounds. Strickland, de son côté, a obtenu son statut de challenger après une victoire impressionnante par arrêt contre Anthony ‘Fluffy’ Hernandez le 21 février, ce qui l’a propulsé devant d’autres prétendants pour cette chance de titre.
Chimaev affiche un palmarès professionnel immaculé de 15 victoires pour 0 défaite et a fait une entrée spectaculaire dans la course au titre de l’UFC, n’ayant encaissé qu’un seul coup significatif lors de ses quatre premiers combats dans la promotion. Son impressionnant CV comprend désormais des victoires sur trois anciens champions de l’UFC : Kamaru Usman, Robert Whittaker et Dricus Du Plessis. On retient notamment une soumission brutale par face crank contre Whittaker et une victoire par décision dominante sur Du Plessis pour s’emparer de la ceinture des poids moyens.
Strickland, affichant un dossier de 30 victoires pour 7 défaites, est lui-même un ancien champion des poids moyens, ayant créé la surprise en battant Israel Adesanya en 2023. Il a ensuite perdu sa ceinture face à Du Plessis lors de l’UFC 297, mais a depuis regagné en dynamisme, notamment avec sa victoire par KO contre Hernandez.
UFC 328 : Comment Sean Strickland peut pousser Khamzat Chimaev à bout, selon un ex-champion
Sur les réseaux sociaux, l’ancien champion des poids coqs, Aljamain Sterling, a livré une analyse limpide : si Strickland parvient à prendre l’ascendant psychologique tôt dans le combat, il s’ouvre la voie à la victoire. Sterling a détaillé son point de vue lors d’une discussion avec Steve Lee, le manager du Longo’s MMA gym.
Sterling a affirmé : « Je pense que Strickland va lui monter à la tête et forcer Khamzat à s’énerver tôt dans le combat. Je pense que Strickland a de très bonnes chances, surtout s’il parvient à frustrer Khamzat et à le faire combattre en dehors de ses habitudes. » Selon lui, c’est sur cet avantage émotionnel que reposent les meilleures chances de Strickland face à un champion plus jeune, explosif et doté de compétences en grappling de haut niveau.
Cette dynamique semble d’ailleurs déjà à l’œuvre. Suite à un récent défi lancé par Strickland, Chimaev a répliqué sur les réseaux sociaux par un commentaire cinglant : « Habibi calme-toi, j’ai détruit le gars qui t’a battu deux fois. Salopard d’Américain, » faisant explicitement référence à sa victoire sur Du Plessis, qui avait auparavant battu Strickland à deux reprises.
Cet échange a alimenté une rancœur latente qui se développait depuis que les deux combattants s’étaient entraînés ensemble, échangeant publiquement des piques sur leurs séances et le caractère de chacun. Cette histoire commune offre à Strickland de quoi provoquer Chimaev lors des événements médiatiques de la semaine du combat et des face-à-face – un environnement que l’ancien champion des poids coqs estime pouvoir pousser le détenteur du titre à prendre des risques inhabituels.
Si Chimaev entame le combat avec une vitesse et une émotion excessives, l’ancien champion des poids coqs s’attend à ce que Strickland ait l’opportunité de punir les attaques précipitées et les coups trop engagés. Le style de Strickland repose sur de petites lectures défensives plutôt que sur de grands contres, mais les échanges prolongés favorisent le combattant qui maintient sa structure et son équilibre. S’il peut survivre à la première vague de Chimaev et forcer le champion à frapper dans le vide ou à se heurter à sa garde haute, il peut accumuler des rounds grâce au volume et à la pression, tout en entamant progressivement le cardio de son adversaire.
Le principal danger pour Chimaev dans cet affrontement est moins technique que psychologique. S’il se laisse prendre au jeu des provocations de Strickland, s’il frappe trop fort lors des premiers échanges ou s’il tente des takedowns de trop loin, il risque de gaspiller une énergie précieuse face à un ancien champion résilient et doté d’un excellent cardio. Les combats plus longs augmentent la pertinence du jab constant de Strickland, de sa pression incessante et de son expérience considérable sur des combats en cinq rounds.
Strickland a pleinement adopté une personnalité de dernier combattant de la « vieille école », qualifiant Chimaev d’intimidateur et remettant en question le caractère du champion, tout en promettant de le « détruire » en tant que « dernier Américain dans le sport ». Chimaev a riposté avec ses propres insults et rappels de ses victoires sur les hommes qui ont battu Strickland, ajoutant de l’huile sur le feu de la montée en puissance de leur confrontation. Cette tension devrait s’intensifier lors des conférences de presse, des reportages immersifs et du dernier face-à-face à Newark.
Du point de vue de l’ancien champion des poids coqs, ces moments pré-combat revêtent presque autant d’importance que la cloche d’ouverture. Si Strickland parvient à provoquer Chimaev jusqu’à ce que l’émotion prime sur la tactique, le challenger aura sa meilleure chance de reconquérir l’or de l’UFC le 9 mai.

